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Le Bach-Agha Si Tahar ben Mahieddine …

par Atlas Blida 5 Septembre 2015, 18:59 Histoire de l’Atlas blidéen-Mitidja

Le Bach-Agha Si Tahar ben Mahieddine …

 

Extrait de la nouvelle mise à jour de : “… Aït Moussa de la plaine et de la montagne …”, E.S..

 

Au niveau de l’angle inférieur gauche nous apercevons le dénommé Si Ṭahar b. Maḥyiddin décoré de la “Légion d’honneur”. Ce dernier est issu d’une famille maraboutique établie chez les Ayṯ Xlifa dans l’Atlas blidéen.

 

Il fut l’un des caïds de l’“outhane des Béni Moussa”. Il dirigea également l’assemblée (ǧemɛa) des tribus rattachées au village Sidi Naṣer (hauteurs de Larebɛa, w. de Blida). Son frère, Si Muḥamed b. Maḥyiddin avait le titre de “khalif” et le commandement d’un “khalifalik” de l’Atlas blidéen (créé le 13 novembre 1842) et qui, dans sa partie O. englobait l’“aghalik des Béni Slimane”. Lorsque son frère “khalif” décède le 12 janvier 1852, il reçoit, trois jours après, le titre de “bach-agha” et le commandement de l’“aghalik des Béni Slimane” (partie O. du “khalifalik”) qui deviendra, après son élargissement, le “bach-aghalik des Béni Slimane” le 15 janvier 1852. Cette nouvelle circonscription finira par englober douze grandes tribus dirigées par des caïds :

1. Bni Musa (ce qui fut autrefois l’“outhane des Béni Moussa”),

2. Bni Bu Xennus (ou Bni Xennus) et Bni Waṭas (ce qui fut autrefois l’“outhane des Béni Khélifa”),

3. Bni Sliman Craga,

4. Bni Maɛlum,

5. Bni Silem,

6. Melwan,

7. Ahl Lɛecc,

8. Uled Msellem,

9. Uled Ṭaɛan,

10. Uled Zyana (autre appel. : Ziyan),

11. Uled Sulṭan,

12. Uled ou Bni Znim. (1)

 

Le “bach-agha” Si Ṭahar b. Maḥyiddin décède le 5 avril 1866. Son “bach-aghalik” sera supprimé le 17 mai 1866 (2), soit un mois après son décès. Son existence aura duré 14 ans, 4 mois et 2 jours.

 

Les colons ont décrit Si Ṭahar b. Maḥyiddin ainsi : “[…] Les populations placées sous ses ordres sont parfaitement administrées. Homme d’une distinction et d’une intelligence remarquable. […]”. (3) Ailleurs, ils ont écrits : “[…] L’Empereur (4) ayant exprimé le désir de recevoir au château de Compiègne quelques-uns des principaux chefs indigènes de l’Algérie, le maréchal ministre de la guerre a désigné comme lui ayant paru les plus dignes de cet honneur : [...] Dans la division d’Alger : 1° Si Tahar ben Mahieddin, bach-agha des Beni-Sliman ; 2° Si Bou Alem ben Cherifa, bach-agha du Djendel. [...]” (5).

 

Par ailleurs, on ne peut évoquer Si Ṭahar b. Maḥyiddin sans faire référence à une héroïne nationale qu’il a côtoyé. Il s’agit de Lalla Faṭma n Sumer née vers 1830 en Kabylie. Après avoir combattu les troupes du Maréchal Jacques Louis Randon (1795 – 1871) de 1850 à 1857 (6) elle est finalement arrêtée le 11 juillet 1857 et finira par être emprisonnée ? (7), assignée à résidence surveillé ? (8), recueillie ? (9) dans la zaouïa Sidi Ɛli Bu Maɛli à Turṯaṯin (tr. Ayṯ Waṭas, Atlas blidéen), localité sous le commandement de Si Ṭahar b. Maḥyiddin. Elle y restera jusqu’à sa mort en septembre 1863 alors âgée de trente-et-un an (10) ou de trente-trois ans (11). Elle fut enterrée près de la zaouïa, au cimetière de Sidi Ɛabdalla avant d’être transférée au “Carré des martyrs” du cimetière Lɛalya d’Alger le 29 octobre 1994. Ses restes seront réinhumés, le 3 juillet 1995 (12).

 

Par ailleurs, il est rapporté qu’en 1858, Si Ṭahar b. Maḥyiddin était propriétaire d’un vaste domaine de 6.83 ha plus connue sous l’appellation “Ǧnan Maḥyiddin” ou “Parc Fontaine Bleue” situé au niveau de Sidi Mḥammed (commune créée en 1835, relevant d’Alger aujourd’hui). Les bâtisses de cette propriété remontent à l’époque turque. Cette dernière fut classée monument historique le 16 avril 1927 mais finira par être confisquée à ses propriétaires par l’armée coloniale vers 1950 pour être transformée en un lieu de torture (13).

 

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1. Archive : “Bach-Aghalik des Beni-Seliman”, p. 13.

2. AGERON Charles-Robert, “La politique kabyle sous le Second Empire”, in “Revue française d’histoire d’outre-mer”, t. 53, n°190-191, premier et deuxième trimestres 1966, p. 76, note n°2.

3. Archive : “Bach-Aghalik des Beni-Seliman”, p. 62

4. i.e., Napoléon III.

5. Le “Journal de la Savoie” du 20.11.1862, p. 3.

6. DOUIK Rabah, “Lalla Fadhma N’Soumeur et Boubaghla. Du béguin aux … interdits”, webzine : “Algérie Focus”, du 17.06.2009.

7. BENBRAHIM Malha, “Malha Benbrahim, Documents sur Fadhma N’Soumeur (1830 – 1861)”, Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 9 | 1999 : Femmes du Maghreb, mis en ligne le 14.11.2006.

8. DOUIK Rabah, “Lalla Fadhma N’Soumeur et Boubaghla. Du béguin aux … interdits”, webzine : “Algérie Focus”, du 17.06.2009.

9. “Lalla Fatma N’Soumer”, in “Wikipédia”.

10. BENBRAHIM Malha, “Malha Benbrahim, Documents sur Fadhma N’Soumeur (1830 – 1861)”, Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 9 | 1999 : Femmes du Maghreb, mis en ligne le 14.11.2006.

11. DOUIK Rabah, “Lalla Fadhma N’Soumeur et Boubaghla. Du béguin aux … interdits”, webzine : “Algérie Focus”, du 17.06.2009.

12. Idem

13. ?, “Djenane Mahieddine et Djenane Lakhdar prochainement restaurés”, quotidien national d’information algérien : “Midi Libre” du 02.12.2008.

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