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Description de la zerda des Aït Moussa …

par Atlas Blida 31 Août 2016, 17:30 Confédérations de l’Atlas blidéen-de la Mitidja... Traditions de l’Atlas blidéen...

La confédération amazighe des Ayth Moussa du Petit Atlas (montagnes de Bougara, Ouled Slama, Larbaa et Souhane, w. de Blida) organisait annuellement plusieurs fêtes inter-tribales (“zerda”, “waɛda”) : la zerda de Tazarin, la zerda de Rabɛine Ouli, …
Les plus importantes étaient celles qui avaient lieu chez les Ayth Mh’ammed (une des sept tribus des Ayth Moussa) car elles étaient communes à toutes les tribus locales. Elles étaient organisées au lieu-dit “Djamaɛ Qarmoud” ou “Sidi Sɛid”. Sidi Sɛid serait un marabout qui s’est installé localement et qui serait venu du Sud-Ouest du Maroc. Les zerda commençaient le jeudi et se terminaient le samedi. La première zerda dite d’ouverture se tenait au printemps et la deuxième dite de fermeture se tenait à la fin de l’été [1].
Ǧamaɛ Qarmoud est un lieu hautement symbolique car il est la “capitale culturelle” de la confédération des Ayth Moussa : on y apprenait le coran aussi bien à Sidi Sɛid qu’à Sidi Saɛdi et on s’y réunissait pour les fêtes.
Par le passé, on annonçait le début des festivités dans la plaine de Metsicht (Mitidja) au sein du marché de la confédération à “Larebɛa Bni Musa” (Larbaa). La fête drainait toutes les tribus de la confédération en plus des gens de la plaine, d’autres tribus voisines à l’instar des Ayth Wat’as, des Imelwane, … et même plus loin. Les gens apportaient différents présents comme des fruits secs et des moutons. La zerda de Djamaɛ Qarmoud regroupait les hommes, les femmes [2] et les enfants de tous les villages. Ces réjouissances permettaient à toutes les tribus de se rencontrer et de se fédérer davantage autour d’un festin (grands plats de couscous accompagnés de viande).
En début de zerda, les frères “lekhwan” psalmodiaient le Coran et invoquaient Dieu en faveur des présents et de la famille organisatrice puis ils entamaient des chants religieux au son du bendir “abendayer”, durant la journée un groupe jouait d’un tambourin de forme carré à deux faces et de la flûte “lghayt’a”. Aussi, on s’enorgueillait au travers de joutes verbales, de compétitions sportives (le “nichane” qui consiste à faire tomber des cibles au fusil, “legrach” qui est une forme de lutte traditionnelle [3], [4]).
En parallèle, ces moments étaient, aussi, l’occasion de sceller de futures alliances, de régler des différends, de relater l’histoire locale, …
Les organisateurs de la zerda sont nommés localement et encore aujourd’hui “qdadcha” (“iqeddachen” désigne dans le parler atlassien “les serviteurs”), c’est la famille organisatrice et maîtresse des lieux.
La dernière zerda de Djamaɛ Qarmoud a eu lieu en 1992 puis a été stoppé au début de la décennie noire mais voilà qu’après vingt-cinq années, les nobles montagnards de cette partie de l’Atlas ont réorganisés à nouveau la zerda le 01 et 02.09.2016 loin de tout paganisme. Pour une première depuis 25 ans il était réjouissant de voir le grand nombre de participants parmi les hommes et les femmes, les jeunes et les anciens et l’émotion que ces réjouissances ont suscitées chez ces derniers.
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1. Précision : après cette dernière zerda, c’est-à-dire en automne, une mise en scène locale avait lieu avec trois ânes : on leur faisait jouer le rôle du lion en le recouvrant de véritables peaux de lion de l’Atlas, le rôle du chacal et le rôle de l’âne puis on les faisait courir les uns derrière les autres en entonnant des chants.
2. Précision : autrefois ces célébrations étaient, en partie, entachées de paganisme, des femmes s’y rendaient pour y pratiquer un culte de fertilité elles introduisaient leur main dans un trou près de la tombe du marabout et y récupéraient de la terre : si celle-ci était pourvue de vers cela signifiait qu’elles auraient des enfants. Par ailleurs, on trouvait aussi tout près un grand chêne sous lequel il existait un passage : les gens s’y introduisaient sur le côté pour en ressortir du côté opposé. Certains réussissaient leur passage d’autres non. Ceux qui réussissaient leur passage interprétaient cela comme un exaucement de leurs prières.
3. Précision : à venir …
4. Quant à “thakourth” qui est un genre de hokey traditionnel, il était pratiqué aussi bien par les hommes que les femmes au lieu-dit “Melɛab Lkoura” en période sécheresse.
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Lien article :
http://atlas.blida.over-blog.com/2016/08/description-de-la-zerda-des-a-t-moussa.html
Photos : http://www.panoramio.com/user/5494750
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Description de la zerda des Aït Moussa …Description de la zerda des Aït Moussa …
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Description de la zerda des Aït Moussa …
Description de la zerda des Aït Moussa …Description de la zerda des Aït Moussa …Description de la zerda des Aït Moussa …
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commentaires

ait moussa 11/12/2016 16:45

tres belle initiative prise sans doute par mes ancetres car je porte le meme nom que cette communoté amazigh,la prochaine zerda je participerai sans doute in challah

Atlas Blida 11/12/2016 22:00

in cha allah, vous êtes d'où cher frère ?

ait moussa 11/12/2016 16:42

tres belle initiative prise sans doute par mes ancetres car je porte le meme nom que cette communoté amazigh,la prochaine zerda je participerai sans doute in challah

ait moussa 11/12/2016 16:42

tres belle initiative prise sans doute par mes ancetres car je porte le meme nom que cette communoté amazigh,la prochaine zerda je participerai sans doute in challah

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