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Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …

par Atlas Blida 29 Juillet 2013, 12:05 Confédérations de l’Atlas blidéen-de la Mitidja... Cuisine de l’Atlas blidéen-de la Mitidja... Histoire de l’Atlas blidéen-Mitidja Traditions de l’Atlas blidéen...

Paysages magnifiques de l’Atlas mitidjien occidental. En face, c’est le Pays des Aït Messaoud et après eux celui des Aït Ouzera ! Lieu de prise des photos : Pays des Aït Saleh.

Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …
Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …
Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …Aït Messaoud : Ces Amazighs qui persévèrent encore et toujours …

Après un article sur la même confédération (v. le lien : http://atlas.blida.over-blog.com/%C3%A7a-bouge-en-ce-moment-dans-l%E2%80%99atlas-mitidjien/blid%C3%A9en-%E2%80%A6), aujourd’hui, un autre article intitulé : « Écartelée entre Médéa et Blida : M’senou piégée par l’enclavement » traitant sur la réalité que vit la confédération des Aït Messaoud (Atlas mitidjien occidental) écrit par Mohamed Abdelli est publié par « El Watan » du 28.07.2013.

 

On y apprend :

« […] patrimoine amazigh […] en voie de disparation dans cette région […] Ces bourgades éparpillées entre El Hamdania et Ouzera, gardent d’ailleurs toujours une toponymie des lieux au cachet typiquement amazigh sans aucune altération phonétique. […] Le village de Sbassa encore berbérophone dans les années 1990 […] »

 

L’article dans son intégralité. Nous mettons en gras les parties marquantes :

 

Situés au Parc national de Chréa, à la frontière entre les wilayas de Médéa et Blida et à peine à huit kilomètres de la RN 1, les villages de M’senou, El Ache, Oued El Merdja, Bouhandas…souffrent toujours de l’enclavement et de la quasi-absence de projets de développement rural.

Si la vie reprend progressivement son petit bonhomme de chemin par un retour progressif de la population, les villageois disent que les promesses des autorités concernant les aides et les indemnisations n’étaient en définitive que du miroitement. Ils jurent dur comme fer que leurs requêtes adressées aux responsables des deux wilayas sont restées lettre morte. «Nous avons toujours été très enracinés à nos lopins de terre. Les requêtes, ça ne date pas d’aujourd’hui, cela a commencé à partir de 1962 ! Il y a eu quelques ouvertures à la va-vite de quelques axes routiers qui ont été toujours mal viabilisés, mal entretenus… d’autres datent de l’époque coloniale. Dans les années 1990, les groupes armés écumaient toute la région et les villageois ont déserté les activités agropastorales. A cette époque-là, nos maisons ont été complètement détruites», débite nerveusement ammi Rabah Esseghir Belabbès, ancien moudjahid, qui est toujours resté très attaché à l’odeur de son vieux chêne, aux produits du terroir et au patrimoine amazigh qui est en voie de disparation dans cette région relevant à la fois des daïras d’Ouzera (W. Médéa) et de Bouarfa (W. Blida). Ces bourgades éparpillées entre El Hamdania et Ouzera, gardent d’ailleurs toujours une toponymie des lieux au cachet typiquement amazigh sans aucune altération phonétique. Les effondrements, la mauvaise herbe et même la forêt, ont soit carrément coupé des tronçons routiers ou parfois les ont rendus très difficilement carrossables.

Pour Bouchkouk Mohamed, la trentaine, un villageois au teint basané, tout affairé dans son champ verdoyant, ils sont quelque 700 habitants, ne serait-ce que dans les mechtas relevant de M’senou, prêts à se mettre corps et âme dans la redynamisation de l’économie rurale dans cette région qu’il qualifie de très généreuse. Mais c’est la démission de l’Etat qui leur pose problème.

«Où sont les projets d’électrification rurale ? Où sont les indemnisations pour nos maisons détruites, nos champs brûlés et nos arbres saccagés ?», s’interroge-t-il, déçu. Pour ammi Mohamed, de son pseudo révolutionnaire, Moussa, ancien moudjahid de la Wilaya IV, ce sont surtout les incendies de 2007 et 2012 qui ont été les plus apocalyptiques.

«Des dizaines d’hectares d’arbres centenaires, surtout des chênes, des oliviers et des amandiers mais aussi des vignobles, des grenadiers, des figuiers, qui sont partis en fumée en quelques heures seulement», se désole-t-il. Les autorités ont été, racontent ces villageois, sur les lieux à Tiberguente, l’année passée, promettant devant les caméras de la télévision, de booster le développement rural et de favoriser ainsi le retour des populations, mais «ce n’étaient que des paroles en l’air», reprend ammi Rabah Esseghir Belabbès. Si nous décidons de réintégrer nos villages, il faut, réclament-ils, que les autorités locales s’impliquent plus substantiellement dans ce processus, d’autant plus que le retour est maintenant presque spontané. La requête de ces villageois, très aguerris au travail de la terre, se résume en la réfection des routes, l’AEP, le transport, qui pose énormément de problèmes, la possibilité de mécanisation du travail de la terre, l’électrification rurale et la dotation, notamment, en bétail et par l’effort de défrichement des terres envahies par la forêt et la broussaille durant ces années d’absence.

Des tomates et des grenades de 500 grammes !

Pour rappel, plusieurs projets lancés en 2008, 2009… concernant la création de sites de regroupement viabilisés (communes de Ouzera et d’El Hamdania) comportant toute l’infrastructure de base permettant une sédentarisation des populations montagneuses de l’Atlas blidéen, ont été voués à l’échec. Quelque 65 dossiers, concernant des projets de constructions groupées ont été envoyés (en 2008/2009/2010) à la wilaya de Médéa via la commission ad hoc de la daïra. Mais ils restent, à ce jour, sans suite. Plus de 500 personnes sont potentiellement prêtes à réinvestir leur village d’origine et attendent juste l’implication des autorités locales.

Qualités bioclimatiques inégalables

Un relief très arrosé où la pluviométrie dépasse les 1200 mm, les températures sont très clémentes à longueur d’année, ainsi, la région de M’senou représente par excellence l’étage bioclimatique de l’arboriculture et du maraîchage de qualité inégalable. «Sans pesticides, sans produits chimiques, ni fertilisants, le poids d’une tomate peut atteindre ici les 300 grammes et même plus. Notre région est aussi connue pour l’excellente qualité du blé rouge, du miel et de l’huile d’olive. Un arbre de chêne peut fournir des glands à dix familles», défend Saâdi Mohamed, ancien moudjahid de la Wilaya IV et originaire de la région.

L’optimisme d’un ingénieur d’Etat en chimie industrielle et responsable production et assurance qualité dans une entreprise algéro-française est à son paroxysme quand il ramène sa vieille maman au bled pour respirer l’air de ces recoins qui lui font toujours vibrer les entrailles à chaque contact physique. «Je vous assure que si les autorités des deux wilayas, Blida et Médéa, mettaient le paquet, les marchés locaux seraient submergés par toutes sortes de potages d’excellente qualité. Ici, les odeurs des tomates, piments… vous percutent les voies nasales à plus de 100 mètres de distance. Il y a aussi le facteur proximité qui plaide pour le développement de cette région. Huit kilomètres seulement nous séparent de la RN 1. Redynamiser l’économie rurale dans cette région de montagne peut beaucoup apporter à cette région pour peu qu’on réhabilite les voies nous reliant à Ouzera, Béni Messaoud, Hammam Melouane…», argue-t-il.

A M’senou, chef-lieu, il ne reste des 160 logements construits à l’époque coloniale, une sorte de bidonville, comme qualifié par les villageois, que les vestiges d’un passé ensanglanté, vécu dans la douleur et les drames les plus inouïs.

Hier, comme aujourd’hui, dans les années 1950 ou dans les années 1990, les habitants de cette région, jadis très broussailleuse, ont toujours subi les affres des violences politiques décidées ailleurs loin de chez eux, loin de la sérénité de ce lieu à la solennité qui recommande le respect et la contemplation. Le village de Sbassa encore berbérophone dans les années 1990 témoigne de la bourde humaine.

Ses maisons, quelques unes encore couvertes de tuiles rouges, respirent aujourd’hui un silence de marbre. Cependant, la première fuite en masse des populations ne date pas d’aujourd’hui. En 1959, l’armée coloniale a bombardé tous les villages et mechtas les transformant en un véritable amas de ruines mêlées au sang des humains, du bétail… Ces villages, nous raconte une vieille dame, ont accueilli une bonne partie des étudiants et lycéens algériens qui ont quitté les bancs de l’école pour rejoindre le maquis. Elle raconte, les larmes aux yeux, que les hélicoptères très redoutés de l’armée française, lâchaient sur les endroits suspectés des substances gazeuses très toxiques. «Nous avons retrouvé des hommes morts en état de décomposition avancée, leurs vêtements encore sur le corps», témoigne-t-elle.

Si cette région peine aujourd’hui à retrouver ses enfants suite à l’enclavement et au délaissement des autorités, à l’époque coloniale d’avant les années 1950, comme en témoignent les vieux briscards, les colons qui avaient élu domicile dans cette région recevaient quotidiennement leur journal. Le responsable des courriers remontaient, se rappelle-t-on, jusqu’à M’senou où une sorte de téléphérique acheminait des granulats extraits d’un gisement de fer et exportés vers la France métropolitaine.

 

Liens :

Lien de l’article : http://www.elwatan.com/regions/centre/blida/ecartelee-entre-medea-et-blida-m-senou-piegee-par-l-enclavement-28-07-2013-222643_150.php?reagir=true

 

Lien P.D.F. : http://sdrv.ms/151ciwO

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