Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Douar Tazardjount

par Atlas de Blida ; le Pays de la verdure 30 Janvier 2011, 14:00 Signification de toponymie de l’Atlas blidéen...

3/Tazardjount:  ce toponyme de village se présente sous la forme d’un nom amazigh singulier féminin (avec "t" au début et à la fin). L’on pourrait le rapprocher de la racine ZRG dont dérivent les mots amazighs suivants: "azergu" en touareg signifie "début de la saison des pluies". Le verbe "zreg" dans le même dialecte signifie "aller à l’eau [aller boire]". Le verbe "zrireg" en kabyle des Zouaouas signifie "couler, s’écouler (liquide)". Dans l’amazigh de Ouargla, le verbe "zeṛṛeg" signifie "jaillir avec force (liquide)." C’est ce qui nous laisse penser que ce toponyme a un rapport avec l’écoulement, le ruissellement ou bien le jaillissement de l’eau. Il se pourrait qu’il ait signifié, à l’origine, "source d’eau" ou bien "ruisseau" où l’eau coule abondamment. Il y a lieu de relever que ce toponyme est prononcé avec la post-alvéolaire affriqué [ǧ] (dj), ce qui signifie que le mot a subi une influence des dialectes zénètes. Bien que le kabyle de l’Atlas blidéen soit un dialecte du groupe "paléoberbère" (comme l’amazigh du Maroc central, du sud-marocain, le kabyle des Zouaouas et le touareg), mais il garde certaines influences des dialectes zénètes dans lesquels souvent le [g] est prononcé ou bien [j] ou bien [ǧ]. Par exemple, dans le kabyle de l’Atlas blidéen on dit "ijider" (aigle) alors qu’en Kabylie, la forme "igider" est très connue. Dans l’Atlas blidéen, l’on dit "ajru" (grenouille - comme en mozabite, dialecte zénète) alors qu’au Maroc central, l’on connaît la forme "agru". L’influence des dialectes zénètes serait due, à notre avis, à deux facteurs essentiels: le premier est la proximité de l’Atlas blidéen à deux autres régions de l’Atlas tellien où l’on parle des dialectes zénètes avec un nombre de locuteurs beaucoup plus élevé: la région du Dahra (montagnes de Tipaza, nord de Ain-Defla et Chlef, ainsi que la région du sud de Ain Defla (autour de la commune de Tarik Ibn Ziad, territoire de la tribu des Matmata). Le deuxième facteur de cette influence zénète serait la taille relativement petite de la région de l’Atlas blidéen, et la faiblesse de la densité de sa population, comparée à la Kabylie des Zouaouas. C’est ce qui, à notre avis, a favorisé l’exposition de l’Atlas blidéen à plus d’influence venant de l’extérieur en comparaison à la Kabylie dont le dialecte comporte beaucoup moins d’influences zénètes. (Omar Mouffok - www.imedyazen.com).

commentaires

Haut de page