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Nnayer dans le Petit Atlas …

par Atlas Blida 3 Janvier 2017, 08:00 Traditions de l’Atlas blidéen...

Nnayer dans le Petit Atlas …

Le calendrier amazigh est un calendrier agraire de douze mois “iyyouren”. Il était “employé pour régler les travaux agricoles saisonniers”. Voici les douze mois du calendrier amazigh selon les prononciations locales dans le Petit Atlas :

1. Nnayyer ou Yennayer (du 14 janvier au 13 févier)

2. Fourar (du 14 février au 13 mars)

3. Maghres (du 14 mars au 13 avril)

4. Yibrir ou Yebrir ou Ivrir ou Brir ou Ibril (du 14 avril au 13 mai)

5. Mayyou (du 14 mai au 13 juin)

6. Younyou (du 14 juin au 13 juillet)

7. Youlyou (du 14 juillet au 13 août)

8. Thoughechth ou Ghoucht’ (du 14 août au 13 septembre)

9. Choutamber ou Chtamber ou Saktamber (du 14 septembre au 13 octobre)

10. Ktouber ou Touber (du 14 octobre au 13 novembre)

11. Wamber ou Wanber (du 14 novembre au 13 décembre)

12. Djamber ou Bou Djanber (du 14 décembre au 13 janvier)

 

Le 13 janvier correspond au dernier jour l’année amazighe soit le 30 du mois de Djamber (ayyour n Djamber), il est surnommé “tchrez” ou “traz” et le 14 janvier correspond quant à lui au premier jour de l’année amazighe : c’est le 1er du mois de Nnayer (ayyour n nnayer). Ce premier jour est surnommé “ikhf ouseggwas” ou “thabbourth ouseggwas” ; littéralement : “La tête de l’année” (“rra’s lɛam” en daridja) ou “La porte de l’année”.

 

→ Les jours précédant le 27 Djamber (10 janvier), les femmes atlassiennes avaient pour habitude de blanchir les murs intérieurs des maisons “lah’youd’ n tizeghwine” avec de la chaux “oumlil” ou de l’argile blanche “as’ans’al”, de changer les pierres de l’âtre “inyane n oukanoun” sur lequel est posé le poêlon en terre cuite “afane” ou la marmite “thabchouchth”, “asekhkhane” ou le couscoussier “taseksout”, de fabriquer une nouvelle vaisselle “loumaɛen n tsalaghth”, … Chez les Ayth Mesɛoud en fin d’année amazighe on ne cuisait rien dans la marmite “thabchouchth” tout en la laissant découverte ; ils espéraient ainsi capter le bien de la nouvelle année. Chez les Ayth Mousa, on laissait découvert la marmite en plus des jarres à eau et à provision “iɛakraf”, “ikoufane”, “ikhoubay” ou “igerraj”. On laissait aussi la porte intérieure de la maison ouverte, tout ceci afin d’espérer le bien dans la maison ainsi que des récoltes abondantes loin de la famine,

 

→ Le 28 Djamber (11 janvier), les femmes chez les Ayth S’aleh’ récoltaient des plantes “ihichouren” pour la préparation de l’“ah’echlaf” qui est une sorte de jardinière à base de nombreuses plantes ; on cueille “abesbas” (fenouil), “avivr’as” (ail sauvage), “thimzz’ougella” (cousteline), “thasemmoumts” (oseille), “loundja” (faux cresson de fontaine), “gernounech” (cresson de fontaine), … Après lavage, séchage et broyage des plantes, le tout est mis à mijoter dans la marmite en terre cuite, on y ajoute “thichcherth” (ail) et “dersa” (purée de poivron rouge), “thabat’at’ts” (pomme de terre) et “ivawen iromiyen” (haricots). On consomme ce plat avec “aghrom n tskewwachth” (pain cuit dans le four traditionnel),

 

→ Le 29 Djamber (12 janvier) : les femmes atlassiennes préparaient “lemɛach” c’est-à-dire :

- “sfendj” ou “khfaf” : les beignets ; en les préparant, elles espéraient une année légère (comme l’indique le nom de cet aliment en daridja),

- “avaghrir” ou “thighrifine” ou “thimɛatsvine” : les crêpes épaisses ou crêpes mille trous arrosées d’huile d’olive, de beurre ou de miel,

- “thimsamnine” ou “lemɛarek” : genre de crêpes carrés épaisses et feuilletées,

 

→ Le 30 Djamber (13 janvier) : en ce dernier jour de l’année a amazighe, les pratiques sont riches et variées selon les localités atlassiennes ; on s’active dans la journée pour que toute la famille “ayth wekhkham” puisse se réunir jusque tard le soir pour accueillir le premier jour de l’année amazighe autour du premier repas de Nnayer “imensi n Nnayer” :

- chez les Ayth Djaɛd, on prépare des galettes à base de sept plantes,

- chez les Ayth Khlifa, on consomme sept aliments ou friandises différents, chez les Ayth Djaɛd, les Ayth Mis’ra, les Ayth Mousa, … on cueille pour ce jour le cœur de palmier nain “igwnad’” ou “thadjoummarth n ddoum”, des baies de myrte “achilmoun”, … On sort les grenades “aremmwan” précieusement stockées pour ce jour, on achète des dattes “tsmer”, … C’est le moment d’extraire des jarres à provision les fruits secs des récoltes de l’année comme : les amandes “llouz”, les jujubes “aɛennav”, les noix “ajoujen”, les figues sèches “thazarth yeqqouren” ainsi que les figues sèches de hautes qualités réservées pour les grandes occasions “ilighmen”,

- selon les moyens de chacun, on sacrifiait des bêtes parmi le bétail “lmachith” et la volaille notamment des coqs “iɛeqqaq” ou “iyaz’id’en” pour les consommer dans la soirée, chez les Ayth S’aleh’, les Ayth Mis’ra, les Ayth Mousa, … Chez les Ayth Mousa, il était de tradition de sacrifiait une volaille par personne,

- selon les localités atlassiennes, les femmes avaient coutume de préparer :

• “aberkoukes” ou “amerdoud” : petites billes de semoule accompagnées de viande de poulet,

• “tatchekhchoukhth” : pâte émiettée sur lesquelles on pose des légumes de saison et qu’on arrose d’une sauce,

• “aseksou” : pour ce dernier jour on le prépare de plusieurs manières, par exemple chez les Ayth Djaɛd, on prépare un couscous frais fait main accompagnée de viande séchée “aqeddidh” ou “lekhliɛ” ainsi que de sept légumes et légumineuses nommé “ajdi” ; par ce couscous chargé, ils espéraient ainsi des récoltes abondantes pour la nouvelle année,

• “rechta” : longues pâtes en filaments ; on pose dessus des légumes de saison, des légumineuses, de la viande de poulet et on arrose le tout d’une sauce. Chez les Ayth S’aleh’ on consomme ce plat avec du lait aigre “ighi”,

• “thourkimts” : genre de crêpes cuites dans une sauce ; elles sont mises à cuire entières ou coupées en longueur,

• “arfis” : genre de crêpes qu’on émiette à la main qu’on arrose de beurre et de miel, par ailleurs chez les Ayth Mis’ra on trouve une version salée, il s’agit d’une galette cuite à peine qu’on émiette et qu’on fait cuire à la vapeur dans un couscoussier. Les morceaux sont de nouveau mis à cuire dans une sauce composée d’eau, de lait, d’un oignon râpé, de sel et de poivre noir jusqu’à ce qu’ils absorbent la sauce. Enfin on sert dans un grand plat et on pose dessus du beurre et des fèves cuites à la vapeur,

• “abisar” : soupe épaisse à base de févettes chez les Ayth Mousa, les Ayth Mis’ra, …

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Lien : http://atlas.blida.over-blog.com/nnayer-dans-le-petit-atlas

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Malgré la fatigue et son travail de potière, Nna Fatma Tamisrawit (Khalti Khokha), avait bien voulu nous donner un peu de son temps le 04.01.2015, pour nous parler de la célébration de Nnayer (ikhf ouseggwas) dans la région atlassienne. Merci à elle.

commentaires

Ait salah 19/01/2016 00:20

Merci pour tout
Si d a d autres documents je suis tres interesse
Un beni salah

Atlas Blida 21/01/2016 11:18

Avec plaisir cher frère. Notre page : https://www.facebook.com/atlas.blida/

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